16.6.16

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Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l'été.
" Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive."
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

" Nous errons dans une maison assoupie.
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté."
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
Elles suivaient le même cours ― une seule flotte.
" Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne."
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

Tomas Tranströmer

13.6.16

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C'est pourquoi un peu de nuit tremble toujours au coeur des roses, ce coeur poudreux 
où tourne l'un des pivots invisibles du temps.

Sylvie Germain


22.4.16

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Emplie de moi
Emplie de toi.
Emplie des voiles sans fin de vouloirs obscurs.
Emplie de plis.
Emplie de nuit.
Emplie de plis indéfinis, de plis de ma vigie.
Emplie de pluie.
Emplie de bris, de débris, de morceaux de bris.
De cris aussi, surtout de cris.
Emplie d’asphyxie.
Trombe lente.

Henri MICHAUX

5.2.16

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La solitude c'est écouter le vent et 
ne pouvoir le raconter à personne.

Jim Morrison


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Nous n'avons ici, dit-elle, qu'un soleil par mois, et pour peu de temps. 
On se frotte les yeux des jours en avance. 
Mais en vain. 
Temps inexorable. 
Soleil n'arrive qu'en son heure.

Ensuite on a un monde de choses à faire, tant qu'il y a de la clarté, si bien qu'on a à peine le temps de se regarder un peu.

H.Michaux



10.1.16

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Arbres d’hiver
Les lavis bleus de l’aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d’herbier 
Mémoire accroissant cercle à cercle
Une série d’alliances.

S.Plath


20.12.15

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Ce temps où tu m'aimas, je le sais, s'en ira
il sera remplacé par une époque bleue
et sur les memes os sera une autre peau
ce seront d'autres yeux qui verront le printemps.

Pas un de ceux qui ligotèrent nos journées,
pas un de ceux qui s'adressaient à la fumée,
les gouvernants, les trafiquants, les éphémères,
ne s'agitera plus au coeur de cet toile.

Ils s'en iront les dieux cruels et leurs lunettes,
les carnassiers poilus accompagnés d'un livre,
les pucerons, avec les pipipasseyros.

Et quand le monde enfin viendra d'etre lavé
alors de nouveaux yeux naitront dans la fontaine
et le blé poussera sans que coulent les larmes.


Pablo Neruda, in La centaine d'Amour, Poème 96, p209.


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Je désire dessiner l’écho
Sur la soie de la mémoire
Sur le bois de l’attente.
                 
Je désire écouter l’absence
Pendant qu’elle explique à l’inquiétude ses raisons
Et qu’elle entre avec elle dans un débat tenace et stérile.
                 
Je désire dormir
Sans que mes yeux ne perdent le plaisir d’observer la vie
Pendant qu’elle accompagne les passant au matin
Vers leurs petites affaires quotidiennes.
             
Je désire être ici
Et là
Prêter attention à la pierre de l’oubli
Lorsqu’elle tombe lourde dans le puits des jours prochaines
Et lorsqu’elle annonce de haut
Que les miroirs de l’âme
Ecrivent tout ce qu’on n’a pas dit
Tout ce dont on n’a pas entendu le tintement.

  Rasem Almadhoon


5.12.15

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Grâce au feu qui me cache et m'éclaire,
j'ai vu la rose de nuit dans le désert.
Seule elle pousse dans l'obscur,
dans le cercle limite du feu ; elle est rose d'ombre première,
dessin de parfum et de couleur ;
personne ne la voit,
elle n'est qu'ombre de rose.

Al.A.Heitzmann

2.12.15

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 ...alors on s'enfonce, on traverse
des étendues où le seul futur est le cœur qui bat
comme cet appel auquel on voudrait répondre
et c'est pourquoi on avance, même si à chaque pas
rien ne bouge que le corps obstiné qui poursuit
l'ombre qu'il n'a pas, on aimerait pouvoir
s'arrêter, regarder simplement l'aube qui vient,
poser la main sur la pierre froide et saluer
la lumière, dire les premiers mots, écouter
le crissement du sable, le bruissement de l'eau,
la rumeur des choses qui commencent mais le jour
est déjà le soir, on n'a rien pu saisir, on reste
vacant à regarder ses mains dans l'éclat des lampes
ou sur la vitre l'attente du visage noir,
on se perd, on se retrouve, il y a des silences
remplis de voix, des matins tombés comme des soirs,
plus on avance et moins on sait, on cherche demain
entre des mots qui disent hier, ce qu'on a gagné
on l'a perdu, comparé à ce qu'on a été
on n'est rien, disait-il, mais un rien qui insiste,
on guette entre les signes du corps l'imperceptible
grignotement tandis que sur la fenêtre brille
une sorte de splendeur, on voudrait y entrer,
être le courant et à la fois se voir couler,
on cherche, les choses semblent n'avoir pas bougé
mais quand on veut les prendre, les toucher, simplement,
c'est comme si elles reculaient, s'effaçaient
ne laissant sur les doigts qu'un peu de poussière à peine,
quelque chose qui peut-être ressemble à l'oubli,
alors c'est dans cet oubli qu'on s'avance,
au moment où on croit ne plus rien tenir, c'est là,
un éblouissement minuscule, on est perdu...

J.Ancet

20.11.15

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De tout, il resta trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu'il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.

Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche …

une rencontre.

F. Pessoa


12.11.15

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Nous voyons des images qui reflètent le néant,
Nous regardons des corps qui ne sont que du vide.
C’est cueillir la lune au fond de l’eau.
C’est attraper le vent au bout des nuages.
C’est saisir l’invisible,
C’est chercher l’inatteignable.
Les existences suivent leurs destinées,
Elle ne sont que les rêves qui parcourent le sommeil.

Wang Fanzhi –


21.9.15

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(...)
Comme si l'énigme avait une ombre,
Comme si l'absence avait une ombre.
Comme si le vide avait une ombre,
Comme si l'amour était une ombre.
Marcheur qui se cherchait des ailes,
Tu ne croyais pas aux rives infernales
Mais à l'échappée verticale par-delà dédale et fournaise
Avec au fond de l'âme un regard calciné.
Quelle fureur pour se délivrer des furies
Quelle lutte pour éperonner la lumière
Quel assaut insensé pour arrimer le feu, ensauvager l'horizon,
Et quel blasphème pour transpercer le ciel !

Tu voulais chanter sans crainte, espérer sans espoir ni raison, danser comme on se sacrifie


André VELTER


18.9.15

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J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière

Je plante le réel
Au cœur
Des utopies

Je conjugue
Liberté
Sur nos terres engourdies.


Andrée Chedid

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..... Allume!

22.6.15

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Nous voyons des images qui reflètent le néant,
Nous regardons des corps qui ne sont que du vide.
C’est cueillir la lune au fond de l’eau.
C’est attraper le vent au bout des nuages.
C’est saisir l’invisible,
C’est chercher l’inatteignable.
Les existences suivent leurs destinées,
Elles ne sont que les rêves qui parcourent le sommeil.


Wang Fanzhi


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Crêtes, arêtes
Stries et strates
Échardes dans la main signant de sang
La prime triade
Strates striées
Arêtes des crêtes
Remous du cœur pétrissant de feu
Le suprême faîte
Strates et stries
Arêtes, crêtes

F.Cheng


9.3.15

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Le centre est là
D’où jaillit
        le souffle rythmique
En vivifiante vacuité

Sans qu’on s’y attende
Autour de soi
         et droit au cœur
Voici les ondes
Natives et vastes
Résonnant
Depuis l’ici même
        jusqu’au plus lointain
De leur toujours déjà là
        de leur toujours commençante
Mélodie

(François Cheng)



25.2.15

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Mais non, toujours
D'un déploiement de l'aile de l'impossible
Tu t'éveilles avec un cri,
Du lieu, qui n'est qu'un rêve. Ta voix, soudain,
Est rauque comme un torrent. 
Tout le sens, rassemblé,
Y tombe, avec un bruit
De sommeil jeté sur la pierre."
.....

Yves Bonnefoy, (in; le leurre du seuil)


26.1.15

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Maintenant que les dernières pluies ont déserté le ciel pour s'établir sur terre _ciel limpide, terre humide et miroitante_ la clarté plus intense de la vie, suivant l'azur, est repartie dans les hauteurs, s'est égayée de la fraîcheur des averses passées là-bas, et a laissé un peu de son ciel dans les âmes, un peu de sa fraîcheur dans les coeurs.

F.Pessoa (le livre de l'intranquilité)

20.1.15

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Tout est photographie [....] on passe notre temps à cadrer et à recadrer, à zoomer et à dézoomer, à immobiliser puis à retoucher les instants de notre vie pour mieux les préserver, les protéger, les empêcher d'être emportés par l'affolant flot du temps
N.Huston (infrarouge)

18.12.14

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 “Toutes choses dites dans le soir et dans l’adulation du soir.
Et toi qui sais, songe incréé, et moi, créé, qui ne sais pas,
que faisons-nous d’autre, sur ces bords,
que disposer ensemble nos pièges pour la nuit ?…”
Saint-John Perse

21.11.14

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Toi qui, sans te pencher au fleuve 
Où nous ne puisons qu'à genoux 
Peux aller boire, avant qu'il ne pleuve 
Au nuage trop haut pour nous ; 

Toi qui pars au déclin des roses 
Et reviens au nid printanier, 
Fidèle aux deux meilleures choses : 
L'indépendance et le foyer. 

Comme toi, mon âme s'élève 
Et tout à coup rase le sol 
Elle suit avec l'aile du rêve 
Les beaux méandres de ton vol. 

S'il lui faut aussi des voyages, 
Il lui faut son nid chaque jour, 
Elle a tes deux besoins sauvages : 
Vivre libre dans l'intense amour. 

Sully Prudomme (l'hirondelle)



16.11.14

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Comme si
au verdict de chaque instant
répondait un signe invisible.
Ou qu’il suffisait d’un mot
pour que tout ne soit qu’un seul
éclat, la chambre, le monde. 

J.Ancet

2.11.14

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"Je n'ai rien séparé mais j'ai doublé mon coeur,
d'aimer j'ai tout crée: réel, imagnaire...."
                                                   (Eluard

28.10.14

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Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.
   
Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve

Eluard

27.8.14

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Laisse-moi me convaincre de l’éphémère qui enchantait hier ses yeux.
René CHAR
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27.7.14

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Prendre un train
Rouler
Attendre
Arriver
Laisser le train
Se jeter
Dans l’homme campé
Au bout du quai
Joindre les parallèles
Dormir dans une autre vie

H. Dassavray




18.6.14

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Je vous écris d’un pays lointain, je vous écris du bout du monde. Il faut que vous le sachiez. Souvent les arbres tremblent. On recueille les feuilles. Elles ont un nombre fou de nervures. Mais à quoi bon ? Plus rien entre elles et l’arbre, et nous nous dispersons gênées. Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent ? Ou faut-il que tout tremble, toujours, toujours ?

Henri Michaux

10.6.14

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Il souffrait de mélancolie. Tu sais ce que c'est la mélancolie ? Tu as déjà vu une éclipse ? Et bien c'est ça , la lune qui se glisse devant le cœur, et le cœur qui ne donne plus sa lumière. La nuit en plein jour. La mélancolie c'est doux et noir. Il en a guéri à moitié , le noir est parti, le doux est resté.

Christian Bobin - La folle allure

6.6.14

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Lettre au temps
Toi seul sait combien d’années tu va m’accompagner
Si loin et puis si proche, tu as tous les visages, celui de mes habitudes, celui de mes fulgurances, celui de mes espoirs et de mes souvenirs perdus à tout jamais.
Tu as tous les pouvoirs, je suis sous dépendance. Parfois tu t’étires paresseusement, te jouant de mes impatiences, d’autres fois, tu vas trop vite et c’est moi qui te poursuis.
Tu décides de mes rythmes, de la longueur de mes ennuis, de celle de mes attentes.
Tu décides de mes saisons entre soleil et pluie.
Tu décides de mes rides comme un amant jaloux, tu as pris ma jeunesse...
Tu bouscules mes repères, troubles mes certitudes. Le temps des premiers pas, il est souvent trop tard, tout commence avec toi et tout finit par toi.
Pourtant, je sais que tu es le seul à qui je resterai fidèle car m’affranchir de toi serait.... mourir

14.4.14

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...... Faire un voeu et souffler sur la fleur
Le voeu s'exaucera si deux graines se rencontrent


13.4.14

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Vapeur de printemps
Libère
Les ombelles migratrices
.



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J’ai traversé des seuils rencontré le partage
J’imaginais des sons des saveurs des reflets
J’inventais une durée par-delà tout naufrage
J’ai gravé l’avenir dans la moelle du passé

Je réduisais les murs
Transperçais les enceintes
J’ai aimanté les mots
J’ai dansé le silence
Sur les nervures du temps

J’ai comblé d’herbes
Les gouffres les brèches les failles
Enroulé de soleils la spirale des nuits

Au versant des carnages
J’ai sauvegardé l’oiseau.

       Andrée Chedid

30.3.14

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Je ne veux plus dormir seul
Je ne veux plus m’éveiller
Perclus de sommeil et de rêves
Sans reconnaître la lumière
Et la vie au premier instant.
                                                            P.Eluard
.

19.3.14

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                     ...alors on s'enfonce, on traverse
                     des étendues où le seul futur est le cœur qui bat
                     comme cet appel auquel on voudrait répondre
                     et c'est pourquoi on avance, même si à chaque pas
                     rien ne bouge que le corps obstiné qui poursuit
                     l'ombre qu'il n'a pas, on aimerait pouvoir
                     s'arrêter, regarder simplement l'aube qui vient,
                     poser la main sur la pierre froide et saluer
                     la lumière, dire les premiers mots, écouter
                     le crissement du sable, le bruissement de l'eau,
                     la rumeur des choses qui commencent mais le jour
                     est déjà le soir, on n'a rien pu saisir, on reste
                     vacant à regarder ses mains dans l'éclat des lampes
                     ou sur la vitre l'attente du visage noir,
                     on se perd, on se retrouve, il y a des silences
                     remplis de voix, des matins tombés comme des soirs,
                     plus on avance et moins on sait, on cherche demain
                     entre des mots qui disent hier, ce qu'on a gagné
                     on l'a perdu, comparé à ce qu'on a été
                     on n'est rien, disait-il, mais un rien qui insiste,
                     on guette entre les signes du corps l'imperceptible
                     grignotement tandis que sur la fenêtre brille
                     une sorte de splendeur, on voudrait y entrer,
                     être le courant et à la fois se voir couler,
                     on cherche, les choses semblent n'avoir pas bougé
                     mais quand on veut les prendre, les toucher, simplement,
                     c'est comme si elles reculaient, s'effaçaient
                     ne laissant sur les doigts qu'un peu de poussière à peine,
                     quelque chose qui peut-être ressemble à l'oubli,
                     alors c'est dans cet oubli qu'on s'avance,
                     au moment où on croit ne plus rien tenir, c'est là,
                     un éblouissement minuscule, on est perdu...
                                                                                        J.Ancet
.

19.2.14

.


                                                 Intensément
                                                 Nécessairement
                                                 Tendrement
                                                 Irrésistiblement
                                                 Merveilleusement
                                                 Impérieusement
                                                 Totalement
                                                 Eternellement
.



10.2.14

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Arbre mort,
mélèze,
couché comme le jour sous le poids des heures.

À nu
et la mort proche, et la mort...

Vomir ces mots-là
pour qu'enfin à vif la vie
pousse ses feuilles
dedans
nos chairs en ruine.

J.C.Izzo
.

9.2.14

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Contempler le fleuve fait de temps et d’eau
Et se souvenir que le temps est un fleuve aussi,
Savoir que nous nous perdons comme fait le fleuve
Et que les visages passent comme l’eau.
Sentir que la veille est elle aussi un sommeil
Qui rêve de ne point dormir, et que la mort
Que craint notre chair est cette même mort
Qui vient chaque nuit, qu’on appelle sommeil.
Voir dans le jour, dans l’année un symbole
Des jours de l’homme et de ses ans ;
Convertir l’outrage des ans
En une musique, un bruit, un symbole.
Voir le sommeil dans la mort, dans le couchant
Un or triste, telle est la poésie
Qui est immortelle et pauvre. La poésie
Revient comme l’aurore et le couchant.
Parfois, le soir, un visage
Nous regarde du fond d’un miroir :
L’art doit être comme ce miroir
Nous dévoilant notre propre visage.
On raconte qu’Ulysse, rassasié de prodiges,
Pleura d’amour en retrouvant son Ithaque
Verte et humble. L’art est cette Ithaque
Riche d’une verte éternité, non de prodiges.
Il est aussi comme le fleuve sans fin
Qui passe et qui reste, toujours le cristal d’un seul
Inconstant Héraclite, qui est toujours le même
Et autre pourtant, comme un fleuve sans fin.

J.L.Borges

25.1.14

.


Cette lumière peut-elle 
tout un monde nous rendre ? 
Est-ce plutôt la nouvelle 
ombre, tremblante et tendre, 
qui nous rattache à lui ? 
Elle qui tant nous ressemble 
et qui tourne et tremble 
autour d'un étrange appui. 
Ombres des feuilles frêles, 
sur le chemin et le pré, 
geste soudain familier 
qui nous adopte et nous mêle 
à la trop neuve clarté


E.M. Rilke

24.1.14

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M’alléger
Me dépouiller
      
Réduire mon bagage à l’essentiel
       
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets
       
Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes

                                                               M.Leiris

20.1.14

.


Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu’elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde ; qu’on l’invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C’est là l’essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque.
F.Kafka 


15.1.14

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Chaque aube le jadis pousse dans l'espace une nouvelle lumière. Il n'y a pas deux aubes. Tous les matins du monde sont sans retour. Il n'y a pas deux nuits. Chaque nuit est le fond de l'espace en personne. Il n'y a pas deux fleurs, deux rosées, deux vies. Il faut dire à tout instant : Toi.
P. Quignard : la barque silencieuse


14.1.14

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On est là, en équilibre.
La lumière est traversée
d’ombres brèves. On reste encore
pour l’espace, pour les branches,
pour l’ombre bleue, pour le merle,
pour les visages un instant 
dans le jour sans nom. Pour ce 
qui ne revient pas. On reste 
encore pour ce qui vient.

J.Ancet