21.5.20

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"- Que faut-il faire? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus.
…Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près"

19.5.20

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Pas une chose au monde qui ne soit nuage. 
Nuages, les cathédrales, pierre imposante et bibliques verrières, qu’aplanira le temps. 
Nuage l'odyssée, mouvante, comme la mer, neuve toujours quand nous l’ouvrons. 
Le reflet de ta face est un autre, déjà, dans le miroir et le jour, un labyrinthe impalpable.
Nous sommes ceux qui partent. 
Le nuage nombreux qui s’efface au couchant est notre nuage. 
Telle rose en devient une autre, indéfiniment.
Tu es nuage, tu es mer, tu es oubli.
Tu es aussi ce que tu as perdu.

 J. L. Borges


15.5.20

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De tout , il resta trois choses:
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche…
une rencontre.

Fernando Pessoa

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Dernier Baiser.
Cri de couleur défiant l’orage,
La fleur a vécu
Elle sait qu’elle va mourir.

Mais les baisers de printemps
Sont remplis de promesses,
Le vert du blé se changera en or,
Le bleu éclipsera le gris
Et dans l’appel du soir,
Tache de souffle dans le ciel noir,
Persistera le mirage rouge
Du désir.

Ev

8.5.20

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Sache-le, quoi qu’il arrive
ces poèmes déposés
formulent un pan de terre
inscrit pour que tu gardes
quelque chose du sable

De ce qu’il a du roc
malgré l’effritement

Il arrivera peut-être
que la révolte emporte

Que les lignes se brisent
soudain décalcifiées

Alors, repose-toi
ne cesse jamais d’aimer
et n’écoute pas les autres

Et ne m’écoute pas

Un beau matin le chant
redeviendra le tien

Il sera Terre rare.


S. bataillon

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Vous devriez ne pas la connaître, l’avoir trouvée partout à la fois, dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre, dans un film, en vous-même, en vous, en toi, au hasard de ton sexe dressé dans la nuit qui appelle où se mettre, où se débarrasser des pleurs qui le remplissent.

Vous pourriez l’avoir payée.

Vous auriez dit : Il faudrait venir chaque nuit pendant plusieurs jours.

Elle vous aurait regardé longtemps, et puis elle vous aurait dit que dans ce cas c’était cher.

Et puis elle demande : Vous voulez quoi ?

Vous dites que vous voulez essayer, tenter la chose, tenter connaître ça, vous habituer à ça, à ce corps, à ces seins, à ce parfum, à la beauté, à ce danger de mise au monde d’enfants que représente ce corps, à cette forme imberbe sans accidents musculaires ni de force, à ce visage, à cette peau nue, à cette coïncidence entre cette peau et la vie qu’elle recouvre.

Vous lui dites que vous voulez essayer, essayer plusieurs jours peut-être.
Peut-être plusieurs semaines.
Peut-être même pendant toute votre vie.

Elle demande : Essayer quoi ?
Vous dites : D’aimer.

Marguerite Duras

6.5.20

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Balancier, zéro irréel ou nombre du temps,
de l'avant et de l'après.
De l'avant
de quoi, de qui, de quand,
et de l'après
de quel mot jamais posé d'abord.

Balancier immobile.
Zéro.
Le passé contient déjà tant d'après
et tant d'avant qui ne sont jamais nés.

J.A.Valente 


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Qu’on regarde au dehors, le dedans vous reprend.
On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper.
Et tous ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter 
ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan.

Qui parle des lointains évoque une autre vie.
Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être 
qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être 
mais qui ne pèse pas et reste sans appui.

Nous avons des manies de vivants qui s’absentent, 
qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres 
en faisant reculer l’horizon qu’ils s’inventent.

Partir est toujours une façon d’être là,
lever l’ancre encore un rêve de pesanteur,
et c’est pour aller plus loin qu’on ne s’en va pas.

M. Baglin 


16.4.20

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On se croit retranché du monde...il suffit de quelques pages éblouissantes sous le soleil du matin, pour qu'on sente en soi fondre cette résistance.
Ainsi de moi.
Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable. Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage d'éternelle jeunesse.
Albert Camus,

13.4.20

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Nos paroles sont lentes à nous parvenir, comme si elles contenaient, séparées, une sève suffisante pour rester closes tout un hiver ; ou mieux, comme si, à chaque extrémité de la silencieuse distance, se mettant en joue, il leur était interdit de s'élancer et de se rejoindre.
Notre voix court de l'un à l'autre ; mais chaque avenue, chaque treille, chaque fourré, la tire à lui, la retient, l'interroge.
Tout est prétexte à la ralentir.

Souvent je ne parle que pour toi, afin que la terre m'oublie.

René CHAR/ Lettera amorosa

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S'il te faut des trains pour fuir vers l'aventure
Et de blancs navires qui puissent t'emmener
Chercher le soleil à mettre dans tes yeux
Chercher des chansons que tu puisses chanter
Alors...
S'il te faut l'aurore pour croire aux lendemains
Et des lendemains pour pouvoir espérer
Retrouver l'espoir qui t'a glissé des mains
Retrouver la main que ta main a quittée
Alors...
S'il te faut des mots prononcés par des vieux
Pour justifier tous tes renoncements
Si la poésie pour toi n'est plus qu'un jeu
Si toute ta vie n'est qu'un vieillissement
Alors...
S'il te faut l'ennui pour te sembler profond
Et le bruit des villes pour saouler tes remords
Et puis des faiblesses pour te paraître bon
Et puis des colères pour te paraître fort
Alors...
Alors tu n'as rien compris

J.Brel


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Il y a ces choses qui se replient
ferment leurs ailes,
La stricte déférence du mot « fin ».
On devine parfois les destins
A des lueurs mouvantes.
Ou bien la seule fêlure d’une vitre
dessine la toute dernière image.
Ceux qui vont de l’avant un jour ou l’autre se retournent
Inquiets d’avoir oublié une page.
L’immobilité n’est-elle pas aussi passagère que la hâte ?
La gloire monte au ciel une fumée
que l’on s’empresse d’écarter
pour mieux voir l’épaule blanche en bas du cadre

J.L.Steinmetz



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Le temps qui passe
Le temps qui ne passe pas
Le temps qu'on tue
Le temps de compter jusqu'a dix
Le temps qu'on n'a pas
Le temps qu'il fait
Le temps de s'ennuyer
Le temps de rêver
Le temps de l'agonie
Le temps qu'on perd
Le temps d'aimer
Le temps des cerises
Le mauvais temps
Et le bon et le beau
Et le froid et le temps chaud
Le temps de se retourner
Le temps des adieux
Le temps qu'il est bien temps
Le temps qui n'est même pas
Le temps de cligner de l'oeil
Le temps relatif
Le temps de boire un coup
Le temps d'attendre
Le temps du bon bout
Le temps de mourir
Le temps qui ne se mesure pas
Le temps de crier gare
Le temps mort
Et puis l'éternité
P. Soupault


2.4.20

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Être en suspens, c'est retenir son souffle. Et regarder avec le plus d'attention possible, ce qui est simplement là, ce qui s'offre à soi dans la présence des choses.
L'épreuve est dans cet équilibre conquis sur le vide; à tout moment il peut se rompre. Le funambule risque la chute, surtout lorsqu'il s'immobilise, qu'il s'exerce à se tenir là, presque sans bouger. C'est son propre élan qu'il retient et qui pourtant lui rendrait la stabilité.
La suspension n'est pas un temps arrêté avant qu'il se passe quelque chose, c'est l'événement même; l'entrée dans ce temps intime où en réalité la décision s'est déjà prise, mais nul ne le sait encore.

Anne Dufourmantelle (L'éloge du risque)


31.3.20

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Puisque nos battements
S'espacent davantage,
Que nos cœurs nous échappent
Dans notre propre corps,
Viens, entr'ouvre la porte,
juste assez pour que passe
Ce qu'il faut d'espérance
Pour ne pas succomber.
Ne crains pas de laisser
Entrer aussi la mort,
Elle aime mieux passer
Par les portes fermées.

J.Supervielle


29.3.20

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Là, le temps ne peut servir de mesure, l'année ne compte pas, et dix ans ne sont rien ; être artiste veut dire : ne pas calculer ni compter ; mûrir comme l'arbre qui ne hâte pas sa sève et qui, tranquille, se tient dans les tempêtes de printemps sans redouter qu'après elles, puisse ne pas venir l'été. Il vient de toute façon. Mais il vient seulement chez ceux qui, patients, sont là comme si l'éternité s'étendait devant eux, insoucieusement, calme et ouverte. Je l'apprends tous les jours, je l'apprends au prix de douleurs envers lesquelles j'ai de la gratitude : la patience est tout !

Rainer-Maria Rilke (Lettres à un jeune poète)

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Consens à la brisure
C’est là que germera
Ton trop-plein de crève-coeur
Que passera un jour
A ton insu …. .. la brise

François Cheng

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Notre obstination d’aller dans la lumière.
Cette force que nous ne pouvons pas dénuder.
Tout ou rien
L. Gaspar

27.3.20

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Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien : c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée. Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger ; qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés. Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot : tu n’as jamais fais qu’errer dans une grande ville, que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.

G.Perec

5.3.20

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Remplir ce qui est vide,
vider ce qui est plein,
la lumière
comme corps,
la lumière
comme souffle.
…….
Tu
réchauffes
mon cœur,
je pose ma tête sur ta poitrine
et me sens libre,
remplir
ce qui est vide,
vider
ce qui est plein,
remplir ce qui est
vide, vider
ce qui est plein,
remplir ce qui est vide, vider ce qui est plein,
remplir ce qui est vide, vider ce qui est plein,
nous sommes
les dieux
que nous connaissons,
nous étions
les dieux
que nous connaissions.

J. GIORNO

24.2.20

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On peut être en retrait et ne rien retenir.
On peut retenir l’autre, lui dire : « reste »
et ne trouver aucune raison à cela : qu’il reste
Alors l’autre s’en va
On n’a rien retenu, rien ni personne.

Pour tenir, il faut s’appuyer sur ses fragilités
Pour être fragile, il ne faut rien faire
seulement laisser le vent faire

Etre fragile, se laisser traverser, ne rien retenir
Etre un courant d’air
Etre en appui sur le vide
Sentir le vide au dessus, au-dessous
sur les côtés, de part et d’autre

Je me réveille pour mourir. On se réveille tous un jour.
On peut marcher comme d’habitude
n’être traversé par rien
ne plus être retenu
ne plus chercher à retenir
revenir sur ses pas
n’être sur les traces de personne

Accepter d’être suivi

M.Collet

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Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

A. Chedid

24.1.20

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Lumière de doigts à l'approche des visages
connais-tu la forêt Khmer ?
Je ne voyais pas les arbres
resserrement au cœur de la pierre
d'une profondeur de plus.
Migration de meubles de murs et de steppes
puis l'insupportable précision
d'arrêts de places de maisons.

L.Gaspar


23.1.20

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Tombe amoureux de mon côté obscur,
De mon côté maléfique,
Du côté que personne n'aime,
Parce que de l'autre côté
N'importe qui tombe amoureux.
Tombe amoureux de mes mauvais moments,
De mes insécurités et mes défauts,
De mes caprices et de mes bêtises,
Parce que de mon côté brillant et séduisant
N'importe qui tombe amoureux.
Tombe amoureux de mon immaturité,
De mon entêtement et de mon impatience,
De ma part sauvage et imprévisible,
Parce que de mon côté passionné et irrésistible,
N'importe qui tombe amoureux.
Tombe amoureux de ma folie,
Parce que de mon côté serein,
Tu es déjà amoureux.

A Pizarnik

16.1.20

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Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude

Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Coucher coucher avec elle
Pour l’amour absolu
Pour le vice, pour le vice
Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle
Pour un naufrage ineffable
Pour se prouver et prouver vraiment
Que jamais n’a pesé sur l’âme et le corps des amants
Le mensonge d’une tache originelle

Robert Desnos


9.1.20

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Au bout de l’amour il y a l’amour.
Au bout du désir il n’y a rien.
L’amour n’a ni commencement ni fin.
Il ne naît pas, il ressuscite.
Il ne rencontre pas. Il reconnaît.
Il se réveille comme après un songe
Dont la mémoire aurait perdu les clefs.
Il se réveille les yeux clairs
Et prêt à vivre sa journée.
Mais le désir insomniaque meurt à l’aube
Après avoir lutté toute la nuit.
  
Parfois l’amour et le désir dorment ensemble.
Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.

L.Wouters

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Je n’ai que moi
En chaque jour
Pour accueillir l’aube nouvelle
Mais dès qu’au songe je m’attèle
Je n’ai que toi

Je n’ai que moi
Pour encaisser
De toute la vie les escarres
Mais dès qu’en rêve je m’égare
Je n’ai que toi

Je n’ai que moi
Lorsque j’épie
De l’avenir l’heure qui chante
Mais dans mes prières ardentes
Je n’ai que toi

Je n’ai que toi
Pour m’éblouir
Et pour embellir les images
Mais dès que j’ai tourné les pages
Je n’ai que moi

E. Granek

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L'amour finira avant que j'aie l'Amour
Je le verrai comme d'une prison
on voit les fleurs
si belles
qu'elles ont l'air de marcher
et que les yeux sont en larmes
de se répandre jusqu'à elles.
L'amour finira mais je dirai
qu'une certaine nuit
de rap de paupière de vent et de cigale
je suis entré dans le jour de ton corps.
Je dirai
que j'ai vécu de toi
et que je meurs
en descendant pétale à pétale
l'escalier du souvenir.

Alain Borne

6.1.20

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Loin de moi, une étoile filante choit dans la bouteille nocturne du poète.
Il met vivement le bouchon et dès lors il guette l'étoile enclose dans le verre, il guette les constellations qui naissent sur les parois, loin de moi, tu es loin de moi.
Si tu savais.

Robert Desnos

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Quand il faudrait suspendre le souffle devant le magique éphémère 
quand il serait urgent de sursoir pour rassembler les cœurs figés  
quand le feu et la glace marchent ensemble la tête à l’envers 
quand les oiseaux chantent en janvier tant l’air est doux 
quand les fleurs givrent sur place en une nuit de glace 
quand nous savons les yeux ouverts brutalement happés ailleurs 
quand juste le parfum de la main bouleverse la caresse de l’étreinte 
quand le sensuel s’émerveille aux velours de pétales sur la peau 
et quand les peaux se mêlent de beau 

Quand tous ces indicibles sont sans mots,

Je lui rends grâce d’être là - la Vie
et Nous désire à l’envi.

C.Grandemange


22.12.19

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"je redécouvrais à Tipasa qu'il fallait garder intactes en soi une fraicheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l'injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l'ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m'avait pas quitté. C'était lui qui pour finir m'avait empêché de désespérer. J'avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers et nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. O lumière ! c'est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible.
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( extrait de"retour à Tipasa", Albert Camus, 1952)

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"Ce qui compte, à mon avis, c'est d'essayer d'être vivant, et pour être vivant, il faut parler et pour parler vraiment, il faut amener le silence dans sa parole, et amener le secret de sa vie dans cette parole sans le dévoiler, le faire juste vibrer. Il faut faire vibrer la peau de tambour d'un secret qu'on a dans le coeur, sans le dire, parce que ça serait l'anéantir et s’anéantir soi-même : le faire juste vibrer, c'est ce que j'appelle "risquer".

C. Bobin

20.12.19

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....
Moi je t'offrirai des perles de pluie
venues de pays où il ne pleut pas



..



Si tu viens pour rester, dit-elle, ne parle pas.
Il suffit de la pluie et du vent sur les tuiles,
il suffit du silence que les meubles entassent
comme poussière depuis des siècles sans toi.
Ne parle pas encore. Écoute ce qui fut
lame dans ma chair : chaque pas, un rire au loin,
l’aboiement du cabot, la portière qui claque
et ce train qui n’en finit pas de passer
sur mes os. Reste sans paroles : il n’y a rien
à dire. Laisse la pluie redevenir la pluie
et le vent cette marée sous les tuiles, laisse
le chien crier son nom dans la nuit, la portière
claquer, s’en aller l’inconnu en ce lieu nul
où je mourais. Reste si tu viens pour rester.

Guy Goffette

16.12.19

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Où? Où va la flamme d'une torche quand un vent glacé l'a éteinte ? Au paradis ? En enfer ? Des lumières dans la nuit, des chandelles dans le vent.
S.King


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Parfois il tutoie la lumière quand il se perd dans les étoiles. Il a le cœur à la dérive dès qu'il entend le cri des vagues. Et il s'en va tout seul vers l'inconnu, quand la pluie voudra tomber pour mettre son rêve dans ce ciel noir où son envie va le trimbaler.
Parfois il parle à tous les vents de ses voyages dans l'oubli. Parfois il en oublie le jour quand la lune veut se coucher. Et il boit le sel à l'embrun quand son regard sait où se perdre. Il a le ciel dans son œil bleu dès que les vagues le font chialer
Tous les nuages gros de tempête, au petit jour, dans un grand vide, le ramèneront au port d'où son amour a foutu le camp

 JOËL GRENIER